Jadis, vivaient dans nos monastères des frères convers. Contrairement aux moines, ils n’étaient pas tenus à tous les offices, ce qui leur offrait plus de liberté.
Parmi eux, un ancien pâtissier, frère Henri, faisait cuire pendant l’office de nuit (entre trois et quatre heures du matin), après la fournée de pain, de petits biscuits au beurre craquants qui sortaient du four tout chauds et dorés. On les appelait les clapons (ou clappons).
D’où vient ce nom ? Personne ne sait très bien. L’hypothèse la plus probable est qu’il dérive du verbe « clapper », ce bruit sec que produit la langue contre le palais. C’est ce bruit que faisait ce biscuit : « clac ! » sous la dent, dans le silence de la nuit
À l’initiative de notre frère Paul, nous avons décidé de faire revivre la tradition du clapon. Avec l’aide de Douglas, un proche du monastère, ils sont moulés dans des moules en bronze selon la recette authentique des croquants d’Auvergne.
Ces biscuits se marient bien avec un bol de chicorée, de Germaforme ou un thé. Mais vous voulez connaître notre secret ? Les tremper discrètement dans un pot… de crème de noix, entre trois et quatre heures du matin.
